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Remboursement d’achat en magasin : ce que dit la loi

Lorsqu’on est commerçant on est tôt ou tard confronté à la problématique du remboursement d’achat en magasin. C’est un sujet plus fréquent qu’on ne le croit et il est souvent délicat à aborder directement avec la clientèle. Néanmoins, il y a des points définis par la loi qui peuvent vous permettre de bien cadrer le processus dans votre boutique. Découvrez ainsi ce que vous devez faire pour le remboursement de produits défectueux et comment traiter toutes les autres situations sans compromettre votre rentabilité ni votre attitude commerciale vis-à-vis de votre clientèle.


Quels sont vos droits et obligations en matière de remboursement en magasin ?

Ce que dit la loi sur le remboursement en magasin

La première chose essentielle à savoir est qu’en droit français, il n’y a pas de droit de rétractation pour un achat en magasin. Contrairement à l’achat à distance (achat sur Internet, par correspondance, via le télé-achat ou par prospection téléphonique), qui offre un délai de rétractation de 14 jours conformément à l’article L.221-18 du Code de la consommation, un achat effectué en boutique physique est réputé ferme et définitif.

Cependant, le consommateur dispose de deux garanties légales importantes qui vous obligent, en tant que commerçant, à agir dans certaines situations :

  • La garantie légale de conformité (article L.217-4 du Code de la consommation) : si le produit vendu présente un défaut de conformité dans les 2 ans suivant l’achat

  • La garantie des vices cachés (article 1641 du Code civil) : si le produit présente un vice caché le rendant impropre à l’usage, dans les 2 ans suivant la découverte du vice


Dans quels cas devez-vous accepter un remboursement ?

Vous êtes légalement tenu d’accepter un retour et de proposer une solution (réparation, remplacement ou remboursement) dans les cas suivants :

  • Produit défectueux présentant un défaut de fabrication
  • Produit non conforme à la description ou aux caractéristiques annoncées
  • Vice caché rendant le produit inutilisable ou diminuant fortement son usage

Il est important de noter que ces dispositions s’appliquent différemment selon la nature des produits vendus. Les biens d’équipement comme les produits électroniques ou ménagers sont totalement concernés par cette protection du consommateur. En revanche, les produits périssables (alimentaire, fleurs) ou de consommation courante (une pile électrique) ne peuvent généralement pas faire l’objet de tels recours.


Cas où vous pouvez refuser le remboursement

Vous êtes en droit de refuser un remboursement dans les situations suivantes :

  • Simple changement d’avis du client sans défaut du produit
  • Produit endommagé par le client après l’achat
  • Utilisation inadaptée ou intensive ayant causé la détérioration
  • Absence de preuve d’achat (ticket de caisse, facture) valide
  • Dépassement du délai de retour fixé par vos conditions générales de vente
  • Produit personnalisé ou confectionné sur mesure
  • Denrées périssables ou produits d’hygiène descellés

C’est au consommateur d’apporter la preuve que le produit acheté en magasin présente un défaut ou un vice caché et que son dysfonctionnement n’est pas dû à une utilisation intensive ou inadaptée.


Droit de rétractation : achat en magasin vs achat à distance

Le droit de rétractation pour les achats à distance

Contrairement aux achats en magasin, les achats à distance bénéficient d’une protection spécifique. Le consommateur dispose d’un délai de rétractation de 14 jours pour retourner un produit sans avoir à justifier de motif ni à payer de pénalités (hormis les frais de retour).


Ce délai court :

  • À partir de la réception du bien pour une vente de biens
  • À partir de la conclusion du contrat pour une prestation de services


Exceptions au droit de rétractation

Même pour les achats à distance, certains produits sont exclus du droit de rétractation :

  • Biens confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés
  • Biens susceptibles de se détériorer ou de se périmer rapidement
  • Biens descellés après la livraison et qui ne peuvent être renvoyés pour des raisons d’hygiène
  • Enregistrements audio, vidéo ou logiciels descellés
  • Journaux, périodiques ou magazines
  • Prestations de services pleinement exécutées avant la fin du délai de rétractation


Pourquoi cette différence entre magasin et achat à distance ?

Cette distinction s’explique par le fait que lors d’un achat en magasin, le consommateur peut voir, toucher et tester le produit avant l’achat. Il dispose de toutes les informations nécessaires pour prendre sa décision en connaissance de cause. À l’inverse, l’achat à distance ne permet pas cette appréciation directe, d’où la protection supplémentaire offerte par le droit de rétractation.


Quelles obligations pour le commerçant en cas de produit défectueux ?

Dans le cas où un produit est ramené en magasin et qu’il présente un défaut incontestable, vous avez alors le choix de réparer l’objet acheté ou de le remplacer par un autre produit neuf ou équivalent. Ce choix vous appartient, mais il arrive parfois que certains consommateurs refusent la réparation. C’est alors à vous de voir, selon votre politique commerciale, s’il n’est pas préférable de procéder au remplacement.

Dans les cas où le produit n’existe plus ou que la réparation serait trop coûteuse, il est alors possible de rembourser le produit intégralement. En cas de défaut ou de vice caché, le remboursement ne peut pas se faire sous forme d’avoir. Cela peut être proposé par le magasin, mais le consommateur est totalement libre de le refuser et d’exiger un remboursement.


Les mentions “ni repris, ni échangés, ni remboursés” sont-elles valables ?

Beaucoup de magasins affichent parfois les mentions “ni repris, ni échangés, ni remboursés” dans certaines conditions générales de vente, sur un ticket de caisse ou sur un panneau dans la boutique. Ces mentions ne peuvent être invoquées sur le plan légal face à un produit défectueux. C’est, en effet, la garantie légale de conformité du vendeur qui prime et passe par-dessus toutes considérations de politique commerciale d’une boutique.


Procédure à suivre en cas de refus de remboursement

Résolution à l’amiable : la première étape

Lorsqu’un client estime avoir droit à un remboursement et que vous le refusez, la première étape consiste toujours à tenter une résolution à l’amiable. Cette approche permet souvent de désamorcer les tensions et de trouver une solution satisfaisante pour les deux parties :

  • Écoutez attentivement les arguments du client
  • Examinez les justificatifs présentés (ticket de caisse, preuve d’achat, photos du défaut)
  • Vérifiez l’état du produit et la validité de la réclamation
  • Proposez des alternatives : réparation, échange, avoir commercial
  • Documentez l’échange par écrit si nécessaire

La plupart des litiges se règlent à cette étape avec un peu de bonne volonté de part et d’autre.


Mise en demeure : modèle de lettre

Mise en demeure : une étape formelle

Si aucun accord amiable n’est trouvé, le consommateur peut vous adresser une mise en demeure. Il s’agit d’une lettre formelle, généralement envoyée en recommandé avec accusé de réception, qui constitue un préalable obligatoire avant toute action en justice.

Ce que contient généralement une mise en demeure :

  • L’identification précise du produit acheté et la date d’achat
  • La description détaillée du défaut ou du problème constaté
  • Les références aux articles de loi applicables (L.217-4 du Code de la consommation, article 1641 du Code civil)
  • La demande claire de remboursement, réparation ou remplacement
  • Un délai pour répondre (généralement 15 jours à 1 mois)
  • L’avertissement d’un recours en justice en cas de non-réponse

En tant que commerçant, si vous recevez une telle mise en demeure, il est recommandé de :

  • Répondre rapidement par écrit
  • Examiner sérieusement la réclamation
  • Consulter vos conditions générales de vente
  • Prendre conseil auprès d’un professionnel si nécessaire


Recours du consommateur : action en justice

Si le commerçant refuse toujours de donner suite après la mise en demeure, le consommateur dispose de plusieurs recours :

La médiation de la consommation (gratuite et obligatoire depuis 2016) : Le client peut saisir le médiateur dont les coordonnées doivent figurer sur votre site web et dans vos conditions générales de vente.

Saisir la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) via SignalConso pour signaler un litige.

Action en justice :

  • Pour les litiges inférieurs à 5 000 € : saisine du tribunal de proximité ou du tribunal judiciaire en procédure simplifiée
  • Le consommateur peut se faire assister par une association de consommateurs
  • En cas de condamnation, le commerçant peut être contraint de rembourser le produit et de payer des dommages et intérêts


Notre conseil : Évitez d’en arriver à ce stade qui est coûteux en temps, en énergie et potentiellement en image pour votre commerce. Une politique commerciale claire et une attitude d’écoute permettent de résoudre la majorité des situations.


Quels justificatifs fournir pour obtenir un remboursement ?

La preuve d’achat : élément indispensable

Pour qu’un client puisse prétendre à un remboursement, il doit pouvoir prouver qu’il a bien effectué l’achat dans votre magasin. Les justificatifs acceptables sont :

  • Le ticket de caisse (le plus courant)
  • Une facture détaillée
  • Un relevé bancaire montrant la transaction avec le nom du magasin
  • Un duplicata si vous avez conservé la trace de la vente dans votre système de caisse

Sans preuve d’achat valable, vous êtes en droit de refuser le remboursement, même si le produit présente un défaut.


Que faire en cas de ticket perdu ?

Si un client régulier a perdu son ticket de caisse mais que vous pouvez retrouver la trace de l’achat dans votre logiciel de caisse, vous pouvez éditer un duplicata. Cependant, cette démarche reste à votre discrétion et relève de votre politique commerciale.

Pour faciliter ce type de situation, il est recommandé de :

  • Proposer l’envoi de tickets de caisse dématérialisés par email
  • Conserver un historique des ventes dans votre système
  • Mettre en place une carte de fidélité permettant de tracer les achats


Autres justificatifs utiles

Au-delà de la preuve d’achat, d’autres éléments peuvent être demandés selon la nature de la réclamation :

  • Photos du défaut pour un produit non conforme
  • Emballage d’origine pour un produit à retourner
  • Notice et accessoires fournis à l’origine
  • Certificat de garantie si applicable


Délais et modalités de remboursement en magasin

Délais légaux pour le remboursement

Lorsqu’un remboursement est dû (produit défectueux, non conforme), vous devez le traiter dans des délais raisonnables :

  • Garantie légale de conformité : Le consommateur dispose de 2 ans à partir de la livraison du bien pour faire valoir ses droits
  • Vice caché : 2 ans à partir de la découverte du vice
  • Délai de remboursement : Une fois le retour accepté, vous disposez de 14 jours maximum pour procéder au remboursement (en référence aux pratiques du e-commerce)


Moyens de remboursement possibles

Vous pouvez procéder au remboursement par différents moyens :

  • Carte bancaire : Remboursement sur la CB utilisée pour l’achat (le plus courant)
  • Espèces : Pour les achats payés en espèces
  • Virement bancaire : Sur demande du client
  • Chèque : Solution alternative

Important : Pour un produit défectueux, vous ne pouvez pas imposer un avoir à la place d’un remboursement. Le consommateur a le droit d’exiger un remboursement en argent.


Qui prend en charge les frais de retour ?

  • Produit défectueux ou non conforme : Les frais de retour sont à votre charge en tant que commerçant
  • Retour commercial (hors garantie légale) : Vous pouvez décider qui prend en charge les frais selon votre politique commerciale


Avoir, échange ou remboursement : que peut exiger le client ?

Dans le cadre de la garantie légale

Lorsqu’un produit présente un défaut de conformité ou un vice caché, le consommateur a le libre choix entre :

  • La réparation du produit (si possible et proportionnée)
  • Le remplacement par un produit identique ou équivalent
  • Le remboursement si la réparation et le remplacement sont impossibles ou disproportionnés

Vous ne pouvez pas imposer un avoir dans ce contexte. Si le client souhaite un remboursement en argent, vous devez l’accepter.


En dehors de la garantie légale

Pour les retours commerciaux (changement d’avis, erreur de taille, etc.), vous êtes libre de définir votre politique :

  • L’avoir : Solution la plus courante qui fidélise le client et préserve votre chiffre d’affaires
  • L’échange : Alternative intéressante si vous avez le produit en stock
  • Le remboursement : Geste commercial fort mais qui représente une perte sèche


Notre recommandation

La solution la plus équilibrée pour la plupart des commerces est l’avoir commercial avec :

  • Un délai de validité clairement affiché (6 mois, 1 an)
  • Des conditions d’utilisation précises
  • Une gestion simplifiée via votre logiciel de caisse

Cette solution évite de perdre le client et du chiffre d’affaires tout en restant commercialement acceptable. Il reste possible de prévoir des solutions de remboursement pour certains cas exceptionnels (client de passage, achat exceptionnel, etc.).


Quelles modalités de remboursement d’achat en magasin dans les autres cas ?

Il arrive parfois que, de bonne foi, un client veuille rendre un produit acheté en magasin. Cela peut se produire par exemple dans les cas de :

  • Taille qui ne convient pas
  • Achat en doublon (cas des cadeaux)
  • Changement d’avis
  • Erreur de choix technique (produit non compatible avec un autre)
  • Retard de livraison pour une commande spéciale
  • Annulation de commande avant réception

Il peut y avoir de nombreuses raisons qui motivent un retour de produit et il vous appartient de définir une politique commerciale en la matière. Ceci simplifiera les situations et permettra d’avoir des règles claires connues du personnel et des clients habituels.


Comment définir votre politique de retour ?

Votre politique peut être affichée dans la boutique, imprimée sur les tickets de caisse, ou mentionnée dans vos conditions générales de vente. Elle doit préciser :

  • Le délai pour retourner : 7 jours, 15 jours, 30 jours selon votre secteur
  • L’état du produit exigé : neuf, non porté, avec étiquettes, dans son emballage d’origine
  • Les justificatifs nécessaires : ticket de caisse obligatoire
  • Les modalités du remboursement : avoir, échange uniquement, ou remboursement au cas par cas


Inspirez-vous des bonnes pratiques du secteur

Dans tous les cas, il sera intéressant de voir comment procèdent d’autres magasins similaires au vôtre. Sans copier intégralement leur manière de faire, il y a souvent des bonnes idées à piocher ici ou là, et cela vous donnera une idée assez fidèle de ce qui est perçu comme normal par la clientèle.

L’outil d’échange en magasin de Tactill vous permet de gérer facilement ces opérations tout en gardant une trace claire pour votre comptabilité.


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FAQ : vos questions sur le remboursement en magasin

Un client peut-il exiger un remboursement sans ticket de caisse ?

Non, sans preuve d’achat valable (ticket de caisse, facture, relevé bancaire), vous êtes en droit de refuser le remboursement. Toutefois, si vous pouvez retrouver la trace de l’achat dans votre système de caisse, vous pouvez choisir d’accepter le retour par geste commercial.


Puis-je imposer un avoir plutôt qu’un remboursement ?

Cela dépend du contexte :

  • Produit défectueux ou non conforme : Non, le client peut exiger un remboursement en argent
  • Retour commercial (hors garantie légale) : Oui, vous pouvez imposer un avoir selon votre politique commerciale


Combien de temps le client a-t-il pour demander un remboursement ?

  • Garantie légale de conformité : 2 ans à partir de l’achat
  • Vice caché : 2 ans à partir de la découverte du vice
  • Retour commercial : Selon votre politique (généralement 7 à 30 jours)


Que faire si le client a acheté le produit en promotion ou en soldes ?

Les produits soldés ou en promotion bénéficient des mêmes garanties légales que les produits au prix normal. Vous devez donc accepter le retour si le produit est défectueux. En revanche, pour un retour commercial, vous pouvez appliquer des conditions différentes (refus de reprise, échange uniquement).


Un client peut-il se rétracter après un achat en magasin comme sur internet ?

Non, il n’existe pas de droit de rétractation pour les achats effectués en magasin physique. Ce droit est réservé aux achats à distance (internet, téléphone, correspondance). Tout retour commercial relève donc de votre politique de vente.


Comment gérer un retour sans détériorer la relation client ?

  • Restez à l’écoute et courtois, même si le retour n’est pas fondé
  • Expliquez clairement vos conditions de vente
  • Proposez des alternatives (échange, avoir, réparation)
  • Documentez l’échange pour éviter les litiges futurs
  • Formez votre personnel aux procédures de retour


Les mentions “ni repris, ni échangés” sur le ticket sont-elles légales ?

Ces mentions sont légales pour les retours commerciaux (changement d’avis) mais ne s’appliquent pas en cas de produit défectueux. La garantie légale de conformité prime toujours sur vos conditions commerciales.


Puis-je refuser un remboursement si le produit a été utilisé ?

Cela dépend :

  • Produit défectueux : Non, vous devez accepter le retour même si le produit a été utilisé (c’est souvent en l’utilisant que le défaut apparaît)
  • Retour commercial : Oui, vous pouvez exiger que le produit soit neuf et dans son emballage d’origine


Comment prouver qu’un défaut existait au moment de l’achat ?

  • Dans les 6 premiers mois : Le défaut est présumé existant au moment de l’achat (la charge de la preuve vous incombe)
  • Après 6 mois : C’est au consommateur de prouver que le défaut existait au moment de l’achat


Dois-je rembourser un produit acheté il y a plus de 2 ans ?

Non, la garantie légale de conformité est de 2 ans maximum. Passé ce délai, vous n’êtes plus tenu d’accepter les retours pour défaut, sauf garantie commerciale supplémentaire que vous auriez accordée.

Rédacteur chez Tactill

Modifié le 23 Decembre 2025