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Maïly - Le Triangle

Rencontre avec Maïly

Une entrepreneuse passionnée et jusqu’au-boutiste

C’est une jeune trentenaire déterminée et souriante qui vient m’accueillir à l’entrée de son nouveau restaurant - micro brasserie, dans le 10ème arrondissement de Paris. Maïly nous ouvre les portes du Triangle, pour nous raconter son aventure d’entrepreneuse, partagée avec son mari et son frère, et leur volonté commune d’ouvrir leur propre restaurant.

Ouvert depuis seulement quatre mois, le Triangle séduit déjà le quartier par son concept original. Car la première chose que l’on voit en arrivant, ce sont ces imposantes cuves de bières derrière le bar. Elles donnent le ton : ici on vient pour bien manger, mais aussi pour boire de bonnes bières. Tout un art d’association de goûts.

Mais pour comprendre le concept du Triangle, il faut connaître son histoire. Le Triangle c’est avant tout une aventure vécue à trois : Maïly, son frère Laurent, et son mari Jocelyn. Avec leurs compétences à eux, toutes différentes, l’association de ces trois-là fait du concept Triangle, un lieu inspirant pour tout créateur d’entreprise.


« La qualité principale d’un entrepreneur c’est sa capacité à être polyvalent, à devenir un véritable couteau suisse en toute occasion »

Un triangle de compétences pour la création d’une entreprise

Maïly aurait pu découvrir l’entrepreneuriat sur le tard, mais son parcours professionnel a été un véritable tremplin pour concrétiser son projet. Même si l’univers de la restauration était tout nouveau pour elle, Maïly a parfaitement su relever le défi.

Sortie d’une école de commerce avec une spécialisation « création d’entreprise », elle a rapidement enchaîné les expériences dans le marketing du luxe et la gestion de production. Mais l’environnement start-up, son goût pour la création, et le côté touche-à-tout de l’entrepreneuriat, lui ont rapidement donné envie de voler de ses propres ailes.

C’est en discutant avec son frère et son mari que le déclic a eu lieu. Laurent, également sorti d’une école de commerce, a choisi le cœur plutôt que la raison et s’est lancé dans la cuisine, son premier amour. Quant à Jocelyn, le Montréalais, il a découvert très jeune sa passion pour la brasserie.

Laurent sera cuisinier. Jocelyn sera brasseur. Maïly sera meneuse de jeu ; de la formalisation du projet, jusqu’à sa création. Aujourd’hui, elle s’occupe autant de la partie commerciale et marketing, que de la gestion du restaurant. Et c’est aussi simple que ça. Chacun a apporté son ingrédient pour faire un produit de qualité.


Le Triangle Restaurant

Le financement, le nerf de la guerre

C’est une étape clé dans le projet de tout entrepreneur, et bien entendu, Maïly n’a pas échappé à la règle. Elle s’est posé beaucoup de questions sur les possibilités de financement qui s’offraient à elle.

D’abord, ses associés et elle ont été séduits par le “crowdfunding”, ou financement participatif. Un concept qu’ils trouvaient plutôt sexy et très humain, puisqu’il permet au grand public de soutenir financièrement et moralement un projet auquel il croit. Néanmoins, Maïly a préféré ne pas retenir cette option. Option qui leur demandait un investissement de temps, dont il ne disposait pas forcément, pour faire une campagne de qualité.

Ils se sont également tournés vers Paris Initiative Entreprise qui propose des solutions de soutiens financiers aux créateurs ou repreneurs de TPE-PME, à Paris. Avec ses fonds de prêts d’honneur et de garanties, PIE leur proposait différents choix de financements, facilitant l’accès aux crédits bancaires professionnels. Maïly, Jocelyn et Laurent ont toutefois préféré s’en tenir à la combinaison apport personnel et prêt bancaire pour ne pas multiplier les sources et les interlocuteurs.

Néanmoins, l’étape banque a été plus compliquée que ce qu’ils avaient imaginé. Malgré un apport de 60%, des diplômes et une équipe compétente, trois banques sur quatre leur ont fermé les portes. Le refus des premières banques a été un véritable coup de massue pour le trio. Des banques qui ne croyaient pas toujours en la rentabilité de leur projet, ou encore, à la localisation du restaurant-micro brasserie. La dernière banque a fait confiance au triangle d’associés, qui n’a d’ailleurs pas bien compris les arguments de ses confrères.


Le “tip” de Maïly : les deux étapes pour bien aborder les banques

1- Le “crash test” : tester son projet avec quelques banques et récolter le maximum de conseils
2- Le “ready-to-go” : présenter son projet avec un dossier béton, en ayant appliqué les conseils reçus


L’aventure Triangle

Lorsque je demande à Maïly le plus gros challenge qu’elle ait rencontré en tant qu’entrepreneuse, sa réponse m’a intriguée. Elle m’a répondu « se lancer tout simplement ». Elle n’avait pas seulement une appréhension à lancer son restaurant, elle faisait un véritable blocage. Puisque la différence cette fois-ci, c’est qu’elle lançait son projet bien à elle, et sautait sans filet.

Comme toujours avec Maïly, il faut tester avant de s'engager. Elle a donc choisi la première agence venue et a commencé les visites. C’est grâce à cette étape décisive qu’elle s’est rendu compte que son budget ne collait pas forcément à ses ambitions.

Au final, il s’est donc passé presque deux années entre la décision de se lancer et l’ouverture du restaurant. Après la visite d’une trentaine de locaux, et quelques concessions sur les volontés de départ, l’aventure a pu commencer. C’est donc en se confrontant à la réalité que Maïly a pu réaliser la faisabilité de son projet, et revoir le concept au besoin.

Et tous ces efforts valaient le coup ! Lorsque je lui demande le plus beau compliment que l’on lui ait fait depuis l’ouverture du Triangle, elle me répond sans hésiter qu’il vient d’un couple anglophone.

« On se sent comme à la maison, vous m’avez même réconcilié avec la bière!», Pari gagné donc, pour cette restauratrice-entrepreneuse.


“Il faut réussir à se lancer tout en acceptant les imperfections, car rien ne peut être parfait du premier coup”.

Le Triangle TacTill


L’entrepreneuriat, une bonne dose de passion

Lorsqu’elle s’est lancée dans l’aventure entrepreneuriale, Maïly avait tout juste 30 ans. Un atout pour elle, partagée entre l’énergie de la jeunesse et la maturité professionnelle. Pour Maïly, il n’y a pas d’âge idéal pour se lancer dans la création d’entreprise. La recette est ultra simple : une bonne dose de passion, associée à une bonne exécution. Finalement, peu importe l’âge si le projet tient la route et que l’on s’y accroche de toutes ses forces.



brewing up a business

Derrière tout entrepreneur il y a… un livre. Et pour Maïly, il y a celui qui a fait « tilt », celui qui lui a confirmé que derrière le projet de son mari, il y avait un potentiel à exploiter. « Brewing up a business », ou brasser un business en français, est la biographie de Sam Calagione qui raconte sa réussite entrepreneuriale peu commune, en tant que brasseur de bières.


Une belle leçon de vie que nous donne Maïly, et une rencontre qui s’achève sur la visite informelle de Rémi Féraus, le maire du 10ème arrondissement de Paris. Comme quoi, les politiques ont toujours du nez pour trouver de bons restaurants !


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