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Rencontre avec Martine

Une entrepreneur avertie

Métro Jules Joffrin. Arrivée en face de la Mairie du XVIIIème arrondissement de Paris, je fais quelques pas en direction de la rue Ordener. J’ai la chance d’avoir le soleil avec moi en ce début de mois de mars, avant même de faire la connaissance de Martine.

A peine 11h ce matin que sa boutique est déjà assaillie par les clients du quartier. Pourtant, elle n’est censée ouvrir que dans une dizaine de minutes. Comme un chef de rang pendant son service du midi, je la vois s’affairer dans sa boutique, tout en discutant avec ses clients sur ses produits fraîchement arrivés.

L’idée d’ouvrir son épicerie n’était pour autant pas une évidence, et ce malgré une enfance passée au milieu d’agriculteurs dans les Deux-Sèvres. Après des années de réflexion, elle a choisi le coeur à la raison en se lançant, en 2013, dans l’aventure entrepreneuriale.


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“Il faut être prêt à travailler beaucoup plus pour gagner beaucoup moins.”


Parcours d’une future entrepreneur

Il n’existe pas de parcours type à suivre pour devenir un bon entrepreneur. Chacun a eu un cheminement professionnel différent, sans avoir les mêmes raisons à se lancer. En revanche, tous auront la même prédilection et passion pour l’entrepreneuriat, associées à un investissement inconditionnel pour l’aboutissement de leur projet.

C’est avec un BTS Commerce International en poche que Martine s’exile trois ans en Angleterre puis deux en Irlande, pour travailler à chaque fois dans l’import-export. L’envie de voyager, elle ne l’explique pas vraiment, certainement un désir de vivre des expériences différentes avant un retour définitif en France.

Si elle a toujours apprécié son travail, il lui manquait sa seule vraie motivation : celle d’être son propre patron. C’est la raison pour laquelle, chaque année Martine posait des journées de congés pour pouvoir se rendre au Salon des Entrepreneurs à Paris. Cette initiative lui permettait, doucement mais sûrement, d’approcher du but.

Et quand certains voient le verre à moitié vide, Martine le voit à moitié plein. C’est pourquoi lorsqu’en juin 2011 le groupe de télécommunication français, pour lequel elle travaille depuis quelques années, licencient à tour de bras, elle y voit là l’occasion rêvée de devenir indépendante. Bien évidemment, la compensation financière qu’on lui versera pour quitter l’entreprise, ainsi que les indemnités chômage qu’elle percevra pendant ces mois “d’inactivité”, l’aideront pour beaucoup à monter son projet.


“On a la chance d’être dans un pays où il nous est permis de toucher des indemnités et pouvoir se consacrer ainsi pleinement à nos projets professionnels.”


Une histoire d’inspiration et de rencontres

Son envie d’indépendance n’est pas le fruit du hasard. Les voyages ont beaucoup influencé Martine dans son choix de devenir entrepreneur. Notamment par l’ouverture d’esprit et la manière de travailler qu’ont les Anglais :
“On est constamment encouragé à prendre des initiatives et le contrôle de notre vie professionnelle. Mais on est surtout incité à travailler sur les idées qui nous plaisent le plus pour pouvoir les développer au mieux”.

C’est avec beaucoup d’émotions qu’elle me parle également de ses souvenirs d’enfance et surtout de son père, maçon de métier, qui aura largement influencé ses projets professionnels. A l’époque déjà, elle se rappelle avoir été impressionnée par sa détermination et son désir d’améliorer le niveau de vie de la famille en créant sa propre entreprise.

Mais c’est une fois adulte, lors d’une de ses visites au Salon de l’Entrepreneur, que Martine a réellement pris confiance en elle et en ses capacités. Lors d’une des nombreuses conférences organisées par le salon, elle fait la connaissance de Sandra Legrand, fondatrice de Kalidéa. Cette rencontre lui permettra de se désinhiber sur son projet de devenir entrepreneur. Le livre de la conférencière, “Entreprendre : un peu, beaucoup, passionnément”, sera pour elle, une vraie source d’inspiration.



Le complexe de l’entrepreneur

J’ai eu la chance d’avoir le témoignage de plusieurs entrepreneurs, ce qui m’a permis de constater que certains ont été confronté à la même problématique. Celle de vouloir être indépendant, sans pour autant avoir une idée concrète de business. C’est ce que je nommerais le complexe de l’entrepreneur.

Martine, elle, l’a eu jusqu’à sa fameuse rencontre avec Sandra Legrand, qui fait alors savoir à son auditoire que : “L’idée vient après la volonté de créer mon entreprise, cela peut paraître aberrant mais c’est ainsi. Je voulais créer mon entreprise et j’ai cherché dans quel domaine j’y parviendrai.” C’est après avoir entendu ces mots que Martine n’a plus eu de doutes sur son désir d’entreprendre. L’idée seule lui manquait.

Après plusieurs mois à réfléchir à des projets pas toujours viables, elle fait la connaissance d’un maître fromager par l’intermédiaire d’un ami. C’est pendant la période des fêtes de fin d’année de 2012 que Martine décide de travailler un mois, en guise d’essai, avec ce chef d’entreprise qui recherchait alors un partenaire pour lancer son affaire. Néanmoins, malgré une expérience enrichissante cette collaboration lui a permis de comprendre qu’elle préférait vivre son aventure d’entrepreneur, seule. Mais cela lui a surtout permis de préciser son idée de projet en décidant d’ouvrir son épicerie.


“L’administratif ne doit pas être un frein pour se lancer. Il faut être organisé pour suivre son projet, mais il n’y a rien d’insurmontable.”


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Mon super petit marché

Tout est allé ensuite très vite pour notre entrepreneur qui s’est donné un an maximum pour monter son projet. C’est la raison pour laquelle elle a rapidement mis de côté l’idée de faire appel à des organismes qui demandaient un investissement de temps dans le montage du dossier. Le processus étant trop long pour elle, elle a préféré se concentrer sur les banques.

Et malgré un apport de 70% du montant total de son projet, certaines banques n’ont même pas souhaité la recevoir. La plupart d’entre elles restent méfiantes à l’égard des projets d’entrepreneurs en reconversion professionnelle. Mais à force de persuasion, Martine a réussi à gagner la confiance d’une banque en lui prouvant que son projet était un choix bien réfléchi associé à une motivation absolue.


“Il faut être son commercial pour sa propre entreprise. Personne mieux que vous pourra vendre votre projet”


En mars 2013 elle se rend sur le Salon de l’Agriculture pour rencontrer des fournisseurs. Et pendant plusieurs mois, à raison de dix heures par jour, Martine met en place son projet. Même les apéros entre amis se sont transformés en véritables soirées brainstorming, notamment pour la recherche d’un nom. Entourée de ses amis, dont un directeur artistique, ils réussissent à se mettre d’accord sur un nom simple, gourmand et drôle. Ce sera le Super Petit Marché. Martine mettra seulement 1 mois à trouver son local, et 9 mois à ouvrir son épicerie !

C’est donc aussi grâce à l’aide de ses proches que notre entrepreneur a pu concrétiser son projet professionnel. Pour elle, c’était primordial d’avoir leur soutien moral et surtout celui de son compagnon, Clément. L’entrepreneuriat demande beaucoup d’implication et de temps, il est donc inévitable pour ceux qui se lancent dans l’aventure, d’être épaulé.

Malgré le travail et les difficultés, Martine n’échangerait aujourd’hui sa place pour rien au monde. Ce qui lui donne envie d’aller travailler chaque jour reste et restera ses clients. Mais ce qu’elle préfère par dessus tout ce sont les clients qui discutent entre eux dans sa boutique, en attendant leur tour. Certains sont presque voisins et pourtant ne se connaissaient pas, avant de se rencontrer dans le Super Petit Marché de Martine.


“J’avais sous-estimé l’importance des relations que l’on peut développer dans ce métier et le contact privilégié qu’on entretient avec ses clients.”


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Durant les mois où elle préparait l’ouverture de son commerce, elle a toujours gardé en tête de ne jamais douter d’elle et de son projet, et surtout de se sentir légitime dans ce qu’elle faisait. Pour Martine, devenir entrepreneur était une évidence, il lui suffisait simplement d’attendre le moment opportun pour se lancer dans l’aventure…


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